Les conseils de Patrice Massey

Les conseils de Patrice Massey
Patrice Massey, propriétaire de East Tattoo Union souhaite que le ministère de la Santé impose enfin une législation autour du tatouage et du piercing.

NANCY.- De ces débuts en tant qu'élève tatoueur à son 4e atelier de piercings et tatouages; voilà 25 ans que Patrice Massey a rejoint ces techniques artistiques, devenues phénomènes de mode. Intervenant conseil jusqu'au 5 juillet sur l'exposition tatouage et piercing, il entend par là faire bouger les pouvoirs publics et mettre en garde les gens sur les problèmes d'hygiène dans son milieu.

Avec la démocratisation du tatouage dans les années 90, des milliers de studios ou ateliers ont vu le jour. Pour preuve, trois ou quatre installations de tatoueurs se font par semaine sur toute la France. Le problème majeur est qu'il n'existe aucune législation, aucun code de déontologie qui régissent le tatouage ou le piercing. Qui veut, peut se déclarer tatoueur. "Phénomène menant à toutes les dérives, constate Patrice Massey, scarification, c'est-à-dire incision au scalpel, branding, application de fers chauffés ou implants de croix ou anneaux... Le fait qu'il n'y ait pas de loi, autorise la mutilation>.

Acte de révolte

Pour Patrice Massey, tout tatoueur devrait procéder en prenant pour référence la loi qui régit le milieu hospitalier en matière d'hygiène. Ce qui implique des stages et la délivrance d'un certicat de capacité. "La stérilisation, l'usage unique du matériel, la désinfection et la décontamination devraient être des étapes obligatoires, mais faut-il encore savoir effectuer ces actes. Le tatouage est devenu un business donc on assiste à des excès tous azimuts. L'important n'est plus le côté artistique, mais l'argent>.

Autre problème constaté dans le monde des tatoueurs et perceurs est l'augmentation croissante d'une demande par les adolescents. Acte souvent de révolte ou de suivi de mode, le jeune veut absolument son tatouage ou son piercing sans avoir conscience du caractère irréversible de l'acte. "Je veux un tatouage car ma copine en a un>, confie Marie-Anne, 19 ans. Patrice Massey refuse donc de tatouer des mineurs, car la modification corporelle est un acte réfléchi. "Il y a un aspect psychologique du tatouage. Si le client sort de chez moi en étant mieux dans sa tête, mon travail est réussi. Les jeunes n'ont aucune conscience des implications sociales du tatouage, ils sont la cible parfaite pour se faire de l'argent et bien des gens en profitent".

Paru le : 21/05/03 (Briey / Actualité) archive du Républicain Lorrain